Quand BB fait fausse route...

Publié le par Lu Divine

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Il y a 2 ans, je sortais d'une grossesse extra-utérine, une GEU comme on dit dans le jargon...

Epreuve douloureuse tant physiquement que psychologiquement.

Surtout psychologiquement d'ailleurs me concernant...

J'ai eu beaucoup de difficultés à passer au-dessus, surtout que cela faisait plus d'un an que nous attendions d'avoir ce second BB tant désiré...

Pour m'aider à y arriver, le doc m'avait conseillé de mettre tout ce qu'il y avait dans ma tête par écrit...

Et aujourd'hui, je vous partage cet écrit...

Écrit très personnel..

Ecrit pas très gai non plus...

Mais plein d'espoir malgré tout puisqu’aujourd’hui mon ti boy est là !!!

Alors je me livre peut-être beaucoup ici, mais si cela peut aider des mamans et futures mamans qui subissent également cette dure épreuve, je suis ravie de ce partage....

Quand BB fait fausse route...

" Attendre chaque mois ce second enfant..

Chaque mois quelques jours avant l’arrivée des vilaines, espèrer en faisant un test de grossesse précoce, voir arriver cette seconde barre…

Chaque mois espérer…être décue….

Se dire qu'on a le bonheur d'avoir déjà une princesse, que toutes n'ont malheureusement pas cette chance...

Mais avoir quand même cette envie dévorante d'un second BB.

Consulter son gynéco, entamer un traitement, espérer un peu plus, être déçue un peu plus…Entendre gygy dire « je ne peux plus rien pour vous », il faut consulter ma consoeur en PMA.

Pleurer. Ne même plus espèrer ni tester pour ce cycle là...

Et pourtant les vilaines n’arrivent pas. Sans y croire je teste, et là après 1 an d’essai, ça y est, le test est ++, la 2e barre est là, le test digital confirme… « enceinte 1-2 semaines »

Un peu perturbée, n’osant y croire, je pars travailler. J’oublie d’emmener ma chouquette chez sa nounou. Sur le trajet du boulot, j’entend une petite voix derrière qui dit « on va où maman ». Je suis très perturbée.

Perdre un peu de sang quelques heures après. Reprendre raison et se dire que gygy a raison , ca ne tiendra pas.

Aller au labo faire une prise de sang. Taux à 20...bien bas. Perdre encore plus de sang…se dire que c’est déjà fini.

Partir chez la collègue qui vient d’accoucher pour rencontrer ce nouveau-né….

Appeler le médecin pour une prise de sang de contrôle après le week end. Résultat à 50. Le taux monte. Devoir aller aux urgences pour contrôler…

Montrer son anatomie à 2 internes, intrusion de la sonde endovaginale… repartir avec un rapport concluant à une « probable fausse couche ». Devoir refaire un contrôle de prise de sang qui doit normalement baisser pour confirmer cette théorie.

Prise de sang du lendemain. Taux à 80. Prise de sang le surlendemain ..taux à 150 ça monte toujours.

Nouvelle écho, nouvelle intrusion de la fameuse sonde. Rien dans l’utérus…rien nulle part…

S’entendre dire que l’ovulation s’est peut être produite plus tard, que le taux monte finalement bien et que l’on ne peut qu’attendre pour voir la suite.

Attendre.

Refaire une prise de sang trois jours après. Taux à 244. Ca monte toujours mais plus suffisamment. Le verdict tombe. Ce n’est pas une grossesse évolutive.

Nouvelle écho, nouvelle intrusion de la fameuse sonde. Rien dans l’utérus…rien nulle part…

S’entendre dire que la grossesse s’évacuera peut être seule, que si ce n’est pas le cas, elle devra être retirée soit par opération si on arrive à la localiser avec le risque de perdre une trompe au passage, soit par injection de methotrexate, substance chimique utilisée en chimiothérapie, avec la nécessité d’attendre ensuite 3 mois pour recommencer les essais ensuite. Entendre qu’aujourd’hui le meilleur traitement est donc d’attendre.

Attendre.

Avoir peur.

Commencer à stresser à l’idée de la grossesse extra utérine. Refuser de croire que ça me tombe dessus. Comprendre que ça me tombe dessus. Avoir peur de la rupture de trompe.

Espérer, espérer que la grossesse s’évacue seule.

Refaire une prise de sang deux jours après. Taux à 387. Ça monte toujours. Déprimer. Pleurer. Etre angoissée.

Nouvelle écho, nouvelle intrusion de la fameuse sonde. Rien dans l’utérus…rien nulle part…

Subir une biopsie d’endomètre censée confirmer la présence ou non d’une grossesse extra-utérine. En tomber dans les pommes de douleurs.

Refaire une prise de sang deux jours après. Taux à 288. Miracle, le taux descend , la grossesse s’évacue seule. Pleurer de joie. Arriver confiante à l’hôpital. S’entendre dire par un premier médecin que c’est bon signe. Nouvelle écho, nouvelle intrusion de la fameuse sonde. Rien dans l’utérus…mais « masse » quelque part entre l’utérus et l’ovaire… S’entendre dire par un second puis troisième médecin que le diagnostic de grossesse extra utérine est désormais sur. Que le taux n’a pas finalement baissé mais « stagné » et qu’il faut l’évacuer médicalement au risque que la trompe ne se rompe. S’entendre dire que le traitement chimique est la meilleure solution. Mais qu’il se peut que la première injection ne marche pas , qu’il en faille une seconde, qui peut ne pas fonctionner non plus et que l‘opération doive tout de même se faire. Ne pas vouloir d’injection. Ne pas vouloir d’opération. Repartir avec un laps de trois jours de réflexion.

Sortir de l’hôpital effondrée. Ne plus retrouver sa voiture. La retrouver. Pleurer. Pleurer. Pleurer.

Rentrer chez soi. Etre effrayée. Etre à l’affut de douleur pouvant prévenir d’une rupture de trompe. Ne pas vouloir y croire. Devoir y croire.

Etre réveillée à 3 h du matin par des douleurs importantes dans le ventre. Se dire que oui c’est vrai. Oui il y a un truc qui ne va pas. Oui je risque d’y perdre ma trompe. Partir en urgence à l’hôpital.

Nouvelle écho, nouvelle intrusion de la fameuse sonde. Rien dans l’utérus…mais « masse » présente dans la trompe, prés de l’ovaire. S’entendre dire à nouveau que le traitement chimique est la meilleure solution, qu’il faut quelques jours pour que ca fasse effet et détruise les cellules de la « masse » de l’intérieur. Ne pas vouloir d’injection. Devoir décider sur le champ. Etre perdue. Etre contrainte. Contrainte d’accepter une injection. Faire un bilan sanguin pour s’assurer que les reins et le foie vont tenir le coup à cette injection. Réaliser que l’épreuve de la biopsie a été faite pour rien.

Rentrer à la maison. Un peu soulagée. Le cerveau moins tiraillé. La décision est prise. L’injection aura lieu dans trois heures.

Retourner à l’hôpital. Avoir confirmation téléphonique par son gygy que l’injection est effectivement la meilleure solution. Etre confortée dans sa décision.

Subir l’injection. Verser une larme. Pleurer non pas de douleur physique. Pleurer de tristesse. Pleurer de colère. S’en vouloir d’avoir accepter que l’on m’injecte ce produit chimique jaune épais et visqueux dans mes fesses. En vouloir à la médecine de traiter un bébé de « masse » à détruire par un traitement chimique tel un cancer. S’en vouloir d’avoir accepter de détruire ce bébé, ce bébé qui risquait néanmoins de me prendre la vie s’il restait là.

Renter à la maison. Etre en premier lieu soulagée. Se dire que c’est fini. Fini les contrôles et les sondes endovaginales. Fini l’espoir, les prises de têtes pour réfléchir à la conduite à tenir.

Réaliser que non ce n’est pas fini. Angoisser. Craindre que le traitement ne fasse pas effet. Craindre que ma trompe se trompe avant que le traitement fasse effet.

Pleurer.

Refaire une prise de sang deux jours après. Le taux baisse et est à 157. Espèrer que c’est bon signe.

Se regarder dans le miroir, voir ce ventre ballonné, ces seins gonflés…les signes d’une grossesse…mais d’une grossesse qui s’arrête…

Continuer à stresser, angoisser, pleurer. Devenir parano. Craindre d’avoir une rupture de trompe et de faire une hémorragie interne sans m’en rendre compte.

Attendre. Encore attendre. Attendre que le taux redevienne négatif.

Continuer à faire des tests de grossesse. Etre heureuse de voir la seconde barre devenir plus claire. C’est un comble ! Moi qui retournait mes tests dans tous les sens dans l’espoir de voir cette fameuse seconde barre apparaître quelques semaines et mois plus tôt….

Refaire une prise de sang deux jours après. Le taux baisse et est à 46. Se rassurer, se dire que le traitement marche. Avoir les veines des bras qui n’en peuvent plus.

Continuer les tests de grossesse. Se torturer les yeux pour voir la fine barre très pale.

Refaire une prise de sang deux jours après. Puis une semaine d’après. Et là, ca y est. Le taux est redevenu « négatif. Taux à 3. Je suis médicalement parlant considérée comme « non enceinte ». Cette histoire est finie. Une page peut se tourner.

Mais non la page ne se tourne pas comme ça. Mon corps et ma tête n’ont pas encore digérés tout ca. Je ne réalise pas. Chaque soir un moment précis me revient en tête. Chaque soir le film se repasse. Chaque pointe dans le bas ventre me font y repenser.

J’espère de tout mon cœur avoir la chance de voir à nouveau cette seconde barre sur mon test de grossesse un jour…mais j’angoisse à l’idée de revivre ce cauchemar. Je sais que cette triste histoire ne s’arrête pas là même si médicalement elle est terminée, je sais qu’elle va me suivre encore longtemps.

Je sais aussi qu’un jour pourtant elle sera loin derrière moi car un jour…un jour j’aurai mon deuxième bébé dans les bras, avec à mes côtés ma première princesse. "

 

Et au final, Ti boy s'est logé...le mois suivant !

Moi qui voulait tomber enceinte et qui n'y arrivait pas (gygy ne m'avait pas represcrit de contraceptif du fait) , voilà que ca arrive naturellement alors que normalement je ne dois pas l'être pendant 3 mois suite à l'injection !

Entre partage de joie et mélange de peur (crainte de séquelles suite à l'injection notamment, crainte que BB ne se coince au même endroit...), avec Monsieur papa , on était aux anges, et malgré tout confiants...on le sentait...il allait tenir cette fois....et il était au bon endroit ...il le fallait !

Prise de sang et écho toutes les semaines jusqu'à confirmation que cette fois-ci, BB était au bon endroit et que le coeur se soit mis à battre.

Toujours du stress et de l'angoisse....

Mais un grand bonheur au bout !!!!

 

Alors je souhaite à toutes les femmes qui auront la malchance de vivre cette douloureuse épreuve de garder espoir et d'avoir comme moi, le bonheur de tenir leur BB dans leurs bras.

 

 

Et pour celles qui veulent connaitre la suite, la naissance de Ti Boy, c'est par ICI !

 

Publié dans A coeur ouvert

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Sweetlmoon 26/09/2017 16:00

Bonjour,
Je lis avec les larmes aux yeux ton texte. Et je m’y retrouve tellement. Malheureusement.
Nous sommes en essais bébé depuis début d’année. Après une grossesse arrêtée en juin, un traitement hospitalisée par cytotec.. un premier deuil difficile à faire. Me voilà entrain de vivre le cauchemar de la GEU. 3 mois après avoir perdu mon premier, me voila contrainte à perdre le deuxième.. Avec la terrible angoisse d’y Perdre une trompe ou pire... Je comprends totalement tout ce que t’as pu ressentir, toutes ces angoisses et ces questions. Et cette peur.. J’espere avoir une belle issue comme la tienne. Merci pour tes mots, ça m’à permis de me sentir un peu moins seule.

Lu Divine 29/09/2017 22:10

Je sais que mes mots n'y pourront pas grand chose mais je t'envoie plein de courage, plein d'espoir et je te souhaite d'avoir très bientôt ce bonheur que tu attends, celui d'être Maman. Ne baisse pas les bras, reste bien entourée, c'est important et ça aide beaucoup ! Tendres bises. Ludivine.

Simone de Bavoir 03/08/2016 11:13

Comme je me reconnais dans ce triste récit, moi qui ai fait aussi une GEU avant de tomber enceinte de ma fille... Le temps passe mais ces tristes souvenirs restent, j'en suis toujours traumatisée.

Particles Of Love 02/08/2016 22:06

Je découvre ton blog avec cette article et je suis bouleversé. Je n'ose imaginé le traumatisme que ça dû être. Mais je suis heureuse pour vous, pour ce Ti Boy et je file tout de suite lire le récit de sa naissance du coup!